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À quelques jours de l’ouverture officielle de la conférence des métiers de l’accompagnement et du social, le 18 février, le Gouvernement se fait discret. Pour autant, les acteurs du secteur s’impatientent en attendant des propositions concrètes de revalorisation pour éviter le naufrage de certains établissements et services.

En amont de la conférence des métiers de l’accompagnement et du social, programmée le 18 février, différentes prises de positions et propositions visant à rendre plus attractif le secteur ont été communiquées. Les solutions affichées par les protagonistes des champs social et médico-social et tout particulièrement du handicap révèlent de nombreux enjeux stratégiques, principalement financiers. Derrière tout cela se retrouvent donc les problématiques de manque de personnel et aussi d’absence de revalorisation financière par rapport à d’autres acteurs de santé qui ont bénéficié des accords du Ségur. La crise a tout particulièrement mis en exergue ces deux problématiques dénoncées de longue date par les professionnels et leurs différents représentants Interrogé ce 14 février par Hospimedia, le cabinet du Premier ministre Jean Castex a bien confirmé la tenue de la conférence ne donnant pour le moment aucune précision sur les modalités de son déroulement et surtout sur les conclusions des inspecteurs chargés de préparer cette conférence. Les invitations restent bien à venir.

Des mobilisations en guise de préparation

Quelques informations sont diffusées depuis plusieurs semaines par différentes organisations qui attendent avec impatience le rendez-vous. Ainsi, dans sa lettre d’information du 1er février, après avoir appelé à la mobilisation de tous pour dénoncer la situation, l’Uniopss écrit que « l’une des revendications phares des associations est d’obtenir la revalorisation de tous les professionnels du social et du médico-social à hauteur de 183 euros (€) net par mois. C’est ensuite une vaste stratégie de revalorisation et de promotion de ces métiers de l’humain qu’il faudra engager ».

Un mois avant la conférence l’Uniopss, soutenu par d’autres organisations du secteur, a souhaité sensibiliser l’opinion publique et interpeller les pouvoirs publics « sur la crise qui touche les métiers de l’humain ». Elle écrit : « la situation se dégrade, en effet, dans les établissements et services des secteurs social, médico-social, santé et socio-judiciaire, confrontés à une pénurie croissante de personnels qualifiés. Absence de revalorisation salariale, sous-effectif, épuisement, sentiment de non-reconnaissance… on compte actuellement 64 000 postes vacants dans ces secteurs ». Dans la foulée des mobilisations de fin janvier, l’Uniopss a lancé le 27 janvier la pétition « revalorisons et redonnons du sens à tous les métiers de l’humain ». Au matin du 14 février, elle a obtenu 21 815 signatures s’adressant directement au Premier ministre.

Sur les réseaux sociaux la CFDT santé a de son côté entamé un compte à rebours d’avant conférence. À une semaine de l’événement, l’organisation syndicale dit attendre un geste fort soit, également, 183 euros (€) de complément de traitement indiciaire pour l’ensemble des agents de la fonction publique hospitalière non encore concernés par les revalorisations du Ségur.

Les acteurs du handicap montent au créneau

Fin janvier, le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a publié sa contribution sur l’attractivité des métiers du travail social, en lien avec la transformation inclusive. Le désengagement de la société pour ces métiers passe, selon le conseil, par une reconnaissance officielle de l’État et des collectivités territoriales des professions du secteur comme des métiers essentiels à la cohésion nationale. Ce qui revient aussi à s’interroger sur le sens du travail social. Le conseil attend, en plus d’une vraie réflexion sur ce sujet, un choc de simplification administrative. À titre d’exemple le CNCPH évoque la refonte de l’évaluation. « Nos professionnels passeront bientôt plus de temps à remplir des tableaux, à créer des procédures, à analyser des données, à décliner des objectifs à faire du reporting… qu’à être dans l’accompagnement concret des personnes », regrette-t-il. Le conseil défend ensuite l’idée qu’une révision des organisations de travail ne doit pas oublier les droits des personnes accueillies. Il insiste alors sur la notion d’autodétermination qui doit en quelque sorte guider le management. À court terme, le CNCPH propose de former les professionnels à l’autodétermination mais aussi à la pair-aidance ou encore aux recommandations de bonnes pratiques.

Par ailleurs, il suggère de faire évoluer les métiers du social avec une revalorisation financière globale et spécifique correspondant à certaines compétences. À plus long terme, le développement des nouveaux métiers liés par exemple à l’inclusion scolaire (comme ortho-pédagogue ou agenceurs de solution…) est proposé. La refonte des centres de formation en travail social est pour le CNCPH inévitable. Finalement, toutes ces suggestions ne se feront, selon le conseil, qu’avec un cadrage national et un engagement politique fort. Par ailleurs, dans un courrier au président de la République, la Fédération nationale pour l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel et Dys en France (Fisaf) demande dès l’ouverture de la conférence sociale « des mesures salariales d’urgence ainsi qu’une enveloppe financière comparable, en proportion, à ce qui a été octroyé dans le cadre du Ségur de la santé ».

Elle attend aussi une « vraie 5e branche de protection sociale garantissant universalité des droits, égalité de traitement, unité de gestion et financement par la solidarité nationale, pour les 15% de la population en situation de handicap, de perte d’autonomie, d’exclusion sociale ». Elle insiste sur la nécessité d’une politique favorisant la mise en place d’une « société inclusive qui traitera de manière globale et cohérente les enjeux d’accès à l’école,

Source: « hospimédia »