Déconstruire les idées reçues pour mieux vivre ensemble

Le handicap mental et le handicap psychique font partie des handicaps les moins bien compris par le grand public. Souvent invisibles, parfois confondus, ils sont encore entourés de nombreuses idées reçues qui nourrissent l’incompréhension, la peur ou la stigmatisation. Pourtant, mieux comprendre ces handicaps, c’est déjà faire un pas vers une société plus inclusive.

Handicap mental et handicap psychique : deux réalités différentes

Le handicap mental correspond à une limitation des capacités intellectuelles apparue généralement dès l’enfance. Il peut avoir des conséquences sur l’apprentissage, la compréhension, la communication ou l’autonomie dans la vie quotidienne. Chaque personne est cependant différente : certaines auront besoin d’un accompagnement important, d’autres pourront gagner une autonomie progressive et mener une vie sociale et professionnelle épanouie.

Le handicap psychique, quant à lui, est lié à des troubles psychiques (comme les troubles bipolaires, la schizophrénie, les troubles anxieux sévères ou dépressifs). Les capacités intellectuelles ne sont pas altérées, mais les troubles peuvent impacter la gestion des émotions, les relations sociales, la concentration ou l’organisation de la vie quotidienne. Ces troubles peuvent évoluer dans le temps, avec des périodes de stabilité et d’autres plus fragiles.

Confondre handicap mental et handicap psychique revient à invisibiliser la réalité vécue par les personnes concernées et à renforcer des préjugés.

Un handicap souvent invisible

Contrairement à d’autres formes de handicap, le handicap mental et le handicap psychique ne se voient pas toujours. Cette invisibilité peut être source de malentendus : difficultés à comprendre un comportement, jugements hâtifs, manque de reconnaissance des besoins spécifiques.

Lorsqu’un handicap n’est pas visible, les personnes concernées doivent souvent se justifier, expliquer, voire se défendre. Des phrases comme « ça ne se voit pas », « il suffit de faire un effort » ou « tout le monde est un peu stressé » peuvent être profondément blessantes et nier la réalité du vécu.

Déconstruire les idées reçues

De nombreuses idées fausses persistent encore aujourd’hui :

  • Non, les personnes avec un handicap psychique ne sont pas dangereuses. Elles sont bien plus souvent victimes de stigmatisation que responsables de situations à risque.

  • Non, le handicap n’empêche pas de travailler. Avec un accompagnement et des aménagements adaptés, de nombreuses personnes exercent une activité professionnelle, en ESAT ou en milieu ordinaire.

  • Non, le handicap mental n’empêche pas toute autonomie. L’autonomie se construit différemment, à un rythme propre à chacun.

  • Non, les troubles psychiques ne définissent pas une personne. Ils font partie de son parcours, mais ne résument ni sa personnalité, ni ses compétences, ni ses aspirations.

L’importance du regard porté par la société

Le regard des autres joue un rôle déterminant dans l’inclusion. Être constamment perçu à travers le prisme du handicap peut freiner la confiance en soi et l’accès aux droits fondamentaux : emploi, logement, loisirs, vie sociale.

À l’inverse, un environnement bienveillant, informé et à l’écoute permet aux personnes de s’exprimer, d’évoluer et de trouver leur place dans la société. L’inclusion ne repose pas uniquement sur les capacités individuelles, mais aussi sur la capacité collective à s’adapter.

Mieux comprendre pour mieux inclure

Comprendre le handicap mental et le handicap psychique, c’est accepter la diversité des fonctionnements humains. C’est reconnaître que chacun avance avec ses forces et ses fragilités. C’est surtout dépasser les peurs et les idées reçues pour construire des relations basées sur le respect, l’écoute et la dignité.

À l’APAJH95, accompagner les personnes en situation de handicap, c’est aussi sensibiliser, informer et faire évoluer les regards. Parce que mieux comprendre, c’est déjà mieux inclure.